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Trois jours avant l’ascension : Les Rogations.

Explications d’après Pius Parsh, le guide dans l’année liturgique.

 

Cette semaine est une des plus riches de l’année en cérémonies liturgiques. Le bon chrétien devrait célébrer cinq fois l’Eucharistie. Le dimanche, naturellement ; les trois jours suivants sont les Rogations, et la fête de l’Ascension est une fête d’obligation.


Si nous voulons résumer en deux mots ce qui se passe dans l’Église cette semaine, nous dirons : ce sont les Rogations et c’est la fête de l’Ascension. Quelle relation y a-t-il entre ces deux pensées ? Au début, la relation entre les Rogations et la fête de l’Ascension n’était pas voulue ; cependant, il est facile de l’établir. Le Christ est prêt à partir pour le ciel. Avant son départ, nous voulons lui confier nos besoins et nos prières pour qu’il les présente à son Père céleste dans l’éternelle patrie. C’est pourquoi ce dimanche est un jour de préparation au départ du Seigneur ; c’est, en même temps, un jour de prière. L’Église veut nous inspirer une grande confiance dans la prière. Dans les jours qui vont suivre, nous confions au Seigneur toutes nos demandes et toutes nos intentions pour l’année entière. Prions donc avec, une grande ferveur, dans nos besoins temporels et spirituels, pour nous-mêmes, pour les nôtres, pour notre pays et pour toute la chrétienté. Et, jeudi, nous accompagnerons avec joie le Seigneur montant au ciel.

 

L’Office des rogations.

 

L’Église romaine compte encore, aujourd’hui, quatre fours de prières : les grandes litanies," le 25 avril (procession de saint Marc), et les petites litanies, les trois jours qui précèdent l’Ascension (on donne spécialement à ces trois jours le nom de Rogations). Ces jours sont consacrés par l’Église à la prière instante, afin d’implorer la miséricorde de Dieu pour tous nos besoins temporels et spirituels et, particulièrement, afind’obtenir sa bénédiction pour les fruits de la terre. Dans l’ancienne Église, ces jours de prière étaient fréquents, soit qu’ils fussent réguliers et périodiques, soit qu’ils fussent prescrits dans des besoins extraordinaires et pressants, par exemple pour demander la cessation de la peste. Les trois jours de Rogations avant l’Ascension eurent leur origine en Gaule. Saint Mamert, évêque de Vienne, avait institué ces trois jours consacrés à la pénitence et à des processions de prières, pour obtenir que la ville et les environs fussent délivrés des grandes tribulations qui les désolaient (vers 450 après J.-C.). On imita, bientôt, ces processions de prière dont l’usage s’introduisit finalement dans toute l’Église d’Occident. La cérémonie, des Rogations consiste dans la procession et la messe de Rogations qui suit.

 

Dans la procession, nous avons un dernier reste de l’antique procession de station que, les premiers chrétiens faisaient si volontiers, presque chaque jour, pendant le Carême et dans la semaine de Pâques. Ils se rassemblaient dans une église, appelée église de réunion (ecclesia collecta ; c’est de là que vient le nom de l’oraison dite collecte). De là, ils se rendaient en procession avec l’évêque et le clergé dans une autre église. En chemin, ils chantaient les litanies des saints et le Kyrie eleison. L’autre église s’appelait l’église de station. C’est là qu’on célébrait la sainte messe. Les quatre jours de prières nous ont conservé cet antique et vénérable usage, qui doit nous être cher. En effet, nous ne devons pas seulement prier instamment, mais encore en communauté. A cette prière instante et commune le Christ a promis la force et le succès. A la procession, on chante les antiques litanies des saints, dans lesquelles nous implorons, pour tous nos besoins, l’intercession de toute l’Église triomphante. Les oraisons terminales de ces litanies sont très belles et très édifiantes.

 

Quand l’Église a imploré l’assistance de toute la cour céleste et présenté toutes ses demandes au Seigneur, elle manifeste, à la messe, sa “ certitude de la victoire sur le cœur de Dieu ”. Cette messe nous offre, dans toutes ses parties, la promesse consolante que notre prière persévérante sera exaucée et elle nous donne, en même temps, dans l’Eucharistie, le gage du succès de cette prière. L’Introït nous donne la joyeuse assurance que nos prières seront exaucées par Dieu, qu’elles trouveront “ accès ” auprès de lui (Introivit — Introitus). Dans l’Épître, saint Jacques qui a tant prié, qui, à force de prier, avait des durillons aux genoux, dit que “ la prière d’un juste peut beaucoup ”. L’exemple d’Élie doit affermir notre confiance. Mais l’Épître parle aussi de pénitence. A l’Évangile, le Seigneur lui-même nous instruit de la puissance que possède une prière persévérante. L’Évangile forme comme un triptyque. Au centre, la parole divine si consolante : “ Demandez et vous recevrez... ” De chaque côté, deux images : l’ami importun, l’enfant qui demande, ou bien ; l’ami qui donne à contrecœur et le père plein de sollicitude. Nous sommes les amis qui demandent, les enfants qui frappent à la porte du Père céleste, à la porte du divin Ami — qui est loin de se montrer importuné — à la porte de notre frère, Jésus-Christ ; et nous recevons “ le pain” divin, gage des dons éternels. Considérons encore que les trois dons signalés dans l’Évangile ont un sens symbolique profond. Le pain et le poisson sont le symbole de l’Eucharistie ; l’œuf est le symbole de la Résurrection du Christ, il signifie le germe de la vie nouvelle. Nous recevons tous ces dons dans le Saint-Sacrifice et, dans l’antienne de communion, nous chantons joyeusement le bonheur de les posséder.

 



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